mardi 2 mai 2017

Atelier « Les mots du politique » Réforme et révolution

Jeudi 18 mai 2017, 19h-21h

Au Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, Paris 20e


Débat dans le cadre des Ateliers « Les mots du politique » organisés conjointement par le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) et la Société d’histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, sur le thème : Réforme et révolution

avec Aurore Chéry, Laurent Colantonio, Fanny Madeline et Michèle Riot-Sarcey.

Les mots sont pris dans des luttes idéologiques et politiques qui cherchent à les instrumentaliser. Les Ateliers visent à décrypter leurs usages et à restituer les enjeux historiques qu’ils recouvrent.

On a l’habitude d’opposer la réforme à la révolution comme deux modalités radicalement différentes de la transformation politique et sociale. Pourtant, selon les époques et les lieux, des levellers de la révolution anglaise aux réformateurs sociaux du XIXe siècle, des acteurs de la Révolution française à ceux du Front populaire, les mêmes mots ont des significations différentes. Nous proposons d’en débattre.

lundi 1 mai 2017

L'urgence de l'histoire


Il est temps pour nous, membres du CVUH, de prendre position à une semaine du second tour de l'élection présidentielle, dans un climat politique singulièrement inquiétant, et tout particulièrement à gauche. Le CVUH n'est pas un mouvement politique ni un syndicat, mais il a une fonction à la fois savante et critique depuis sa fondation. Une des raisons fondatrices du CVUH, en 2005, est le rapport à l'instrumentalisation de l'histoire de la colonisation de l’Algérie. Rappelons-le : il s'agissait pour nous initialement de récuser l'idée de devoir enseigner sous injonction ministérielle les aspects positifs de la colonisation, comme le formulait le second alinéa de l'article 4 du projet de loi : « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le caractère positif de la présence française outremer et notamment en Afrique du nord ». C'était une proposition de Jacques Chirac, mais dont il était assez évident qu'elle cherchait à séduire l'électorat d'extrême droite, nostalgique de l'Algérie coloniale et les milieux qui entreprenaient déjà une réhabilitation publique de l'OAS.

Nous sommes dans une situation infiniment pire, et qui nous requiert pour les mêmes raisons : le FN et sa candidate ne cessent d'instrumentaliser l'histoire, celle de la colonisation, celle de l'immigration, celle de la déportation et de l'extermination des juifs, celle de l'occupation, celle du protestantisme, celle de l'Islam, celle de l'Europe, etc. - la liste est longue. Cela au nom de la « patrie », au nom du « peuple », au nom d'une conception fermée, xénophobe et agressive de la « France », et de la « fierté nationale » qu'il faudrait restaurer. Et il faut s'attendre à des projets de loi beaucoup plus graves et injonctifs concernant l'enseignement de l'histoire, dans le primaire, le secondaire et le supérieur.

Bien sûr, nous constatons l'usage et l'instrumentalisation du drapeau tricolore, de ces mêmes mots de peuple, de patrie, de France, chez la plupart des partis politiques et des candidats à l'élection présidentielle. Et bien sûr, en tant que citoyens d'opinions diverses, nous pouvons nous inquiéter de certaines propositions du candidat d'En marche concernant la sécurité sociale et la loi travail, entre autres.

Mais, sauf à tout confondre, le danger n'est pas comparable. Un pouvoir exécutif contrôlé par l'extrême droite ne produit pas les mêmes effets de censure et d'action policière que le même pouvoir exécutif contrôlé par des libéraux. Le gouvernement hongrois dirigé par Victor Orban qui censure les médias, fait emprisonner les manifestants en dehors des lois, réhabilite le régime fascisant et antisémite de l'amiral Horthy tout en criminalisant les réfugiés qui tentent d'échapper à l'extrême violence de la guerre en Syrie et en Irak, nous rappelle au présent la nature du danger. S'agissant du seul domaine de l'histoire, les historiens spécialistes peuvent discuter de l'utilisation de l'expression de « crimes contre l’humanité » par Emmanuel Macron pour désigner l'ensemble de la colonisation, incontestablement ponctuée de ce type de crimes. Mais ce sont bien des dirigeants et des responsables FN qui célèbrent la mémoire de Pétain, nient l'extermination des juifs par les chambres à gaz, remettent en question le droit de pratiquer librement ses croyances. C'est bien la candidate du FN qui propose de supprimer le droit du sol, élément fondamental du droit républicain de la nationalité depuis 1889, et qui cherche à rendre plus difficile la vie quotidienne de millions de Français en prétendant distinguer les « vrais Français » et les autres. C'est elle qui prétend arrêter toute immigration, proposition absurde et régressive, inapplicable, pour qui connaît l'histoire de l'immigration et pour qui reconnaît le droit élémentaire de la vie en commun. 
Il est donc impossible de nous abstenir dimanche prochain. Et nous rejoignons les appels qui, pour les mêmes raisons que nous, visent à dire non à la présence de l'extrême droite au pouvoir au sommet de l'Etat le soir du 7 mai.

S’abstenir n'aurait pas de sens, ce serait laisser à d'autres le soin de faire barrage au Front National. Être clair c'est s'engager à voter pour l'autre candidat, seul en lice contre le FN, afin de pouvoir ensuite exiger du président de la République, y compris en le combattant, une autre orientation programmatique. À nous de rester vigilants pour que l'histoire retrouve les chemins de la critique.
Le CVUH

lundi 17 avril 2017

Conférence de Pierre Briant sur Alexandre le Grand

Le CVUH vous propose d'assister à une conférence-débat autour du livre de Pierre Briant sur les usages socio-politiques de la figure d'Alexandre le Grand. 

 Elle aura lieu le mardi 23 mai à 19h30 à la librairie Jonas, 14 rue de la Maison-Blanche, 75013 Paris.

lundi 10 avril 2017

Le CVUH réagit : Brighelli et la fabrique du cuistre

Suite à la chronique de J.-P. Brighelli publiée dans Le Point du 28  mars 2017, le CVUH a souhaité s'associer au collectif Aggiornamento par la déclaration suivante : 

La haine qui suinte de certains collègues et entache les commentaires tenus en principe par des scientifiques compétents, voire « agrégés », ce qui devrait impliquer rigueur et mesure, nous afflige. Il n’y a pas d’autre mot. Comment prétendre que l’ouvrage de Suzanne Citron n’est qu’une «  étude qui plaide pour une déconstruction du récit national » : c’est un ouvrage d’histoire qui décortique, avec le sérieux exigé d’une analyse critique des sources, comment le « récit national » procède d’une construction de la fin du XIXe siècle : c’est effectivement (et tous les historiens sérieux le savent) une construction datée et explicable à l’époque puisqu’il s’agissait de promouvoir l’existence, durable pour la première fois de notre histoire, de la République. Comment oser alléguer que le travail serait irrecevable parce que écrit par une historienne par ailleurs socialiste, qui a « alimenté de ses chroniques Le Monde et Libé » : c’est interdit par la loi que d’avoir, comme tout un chacun, des idées politiques ? On n’a le droit que d’alimenter une chronique au Point ou à l’Express ? Est-ce une manifestation d’absence de rigueur scientifique que de ne pas avoir les mêmes opinions que l’auteur de ces lignes péjoratives ? Une publication historienne peut être sérieuse, c’est à dire rigoureuse dans ses sources et son argumentation, et engagée au meilleur sens du terme. Les travaux d’histoire ne sont pas des recueils factuels mais bien des invitations à réfléchir de façon critique. Toute science sociale peut être discutée à ce titre, mais à condition de le faire de façon rigoureuse, honnête, démontrée, donc non injurieuse.
 
Ainsi, parler du travail scientifique de Laurence De Cock comme « ce qui lui a tenu lieu de thèse de doctorat » alors qu’elle a reçu les félicitations d’un jury hautement spécialisé, confirmé par les instances qui l’ont qualifiée doublement pour exercer son métier à l’université, est une injure. Ce jury est qualifié de « complice », ce qui relève de la diffamation – triple diffamation, à l’égard de la thèse, à l’égard du jury, à l’égard des commissions de qualification. Dans un hebdomadaire supposé sérieux, c’est déplorable. En sus, personnaliser à ce point une collègue en affirmant qu’elle ne représente « qu'elle-même et les pédagocrates » est absurde, puisque Laurence De Cock parle effectivement au nom de nombreux collègues, notamment membres du CVUH fondé depuis 2005 à l’initiative de Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS, et de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite réputée spécialiste du XIXe siècle.
Ce que nous ne comprenons pas, c’est comment il est possible qu’un journal raisonnable publie de telles bêtises écrites de façon aussi vulgaire.

Le CVUH

samedi 8 avril 2017

Atelier "Les mots du politique" Intégration/assimilation, 27 avril 2017, 19h

Dans le cadre des Ateliers « Les mots du politique » 
organisés conjointement par 
le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) 
et la Société d’histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle

un atelier aura lieu le
jeudi 27 avril 
de 19h à 21h
au Lieu Dit
6, rue du Sorbier 75020 Paris

sur le thème : Intégration et assimilation
avec Laurence De Cock, Laurent Lévy, Gilles Manceron et Pierre Tévanian

Les mots sont pris dans des luttes idéologiques et politiques qui cherchent à les instrumentaliser. Les Ateliers du CVUH visent à décrypter leur usage et à restituer les enjeux qu’ils recouvrent. A travers l’emploi de ceux d’assimilation et d’intégration, c’est le fondement même de la nation qui est en cause. Une nation essentialisée à l’identité immobile où les mouvements migratoires sont perçus comme un « grand remplacement », ou une communauté humaine en perpétuels mouvement et recomposition, dont le fondement est historique et le ciment est économique, social et politique.

dimanche 26 mars 2017

Enregistrement de l'atelier "Les Mots du politique" : civilisation/barbarie

Vous trouverez ici l'enregistrement de l'atelier "Les Mots du politique" sur les mots civilisation/barbarie. 

Il s'est tenu au Lieu-Dit le 23 mars 2017. Les intervenants sont Blaise Dufal et Olivier Le Trocquer

samedi 18 mars 2017

Atelier "Les Mots du politique", en ligne : Peuple/populisme

Le 2 mars 2017 s'est tenu l'atelier "Peuple/populisme" au Lieu-dit.

Vous pourrez en trouver ici un enregistrement audio. Cet atelier, où sont intervenus Déborah Cohen et Federico Tarragoni, était coordonné par Anne Jollet.

 Fichier atelier